Mains moites, gorge sèche, trou de mémoire imaginaire dix minutes avant d'entrer : le trac touche tout le monde, des débutants aux comédiens qui jouent depuis trente ans. La bonne nouvelle, c'est qu'il ne s'agit pas de le supprimer, mais d'apprendre à s'en servir.
Le trac n'est pas l'ennemi
Le trac, c'est de l'énergie. Le corps se prépare à un effort important : le cœur accélère, l'attention s'aiguise. Bien canalisée, cette énergie donne de la présence sur scène. Les comédiens qui « n'ont plus le trac » le regrettent souvent : ils jouent moins bien.
Avant le jour J : sécuriser ce qui peut l'être
- Savoir son texte, vraiment. La peur du trou de mémoire nourrit le trac. Un texte su « à la virgule près », répété dans le désordre, en marchant, avec les répliques, libère l'esprit.
- Répéter dans les conditions du spectacle : costume, accessoires, lumière quand c'est possible. Moins il y a d'inconnues, moins il y a d'angoisse.
- Visualiser son entrée : se voir entrer, dire sa première réplique, sentir le plateau. La première minute est la plus dure ; ensuite, la pièce vous porte.
Juste avant d'entrer : trois exercices
- La respiration carrée. Inspirer sur 4 temps, bloquer 4 temps, expirer 4 temps, bloquer 4 temps. Trois ou quatre cycles suffisent à faire redescendre le rythme cardiaque.
- L'ancrage. Pieds parallèles, genoux légèrement fléchis, on sent le poids du corps descendre dans le sol. On secoue les mains, les épaules, la mâchoire.
- Le chauffage de la voix. Bâillements, sirènes, quelques virelangues. Une voix chauffée tremble beaucoup moins.
Sur scène : revenir au partenaire
Le meilleur remède au trac, une fois sur le plateau, c'est l'écoute. Tant qu'on pense au public, on se regarde jouer. Dès qu'on écoute vraiment son partenaire, on oublie d'avoir peur. C'est d'ailleurs pour ça qu'on travaille autant l'écoute en cours, et l'improvisation.
Et si le trou arrive quand même ?
On respire, on reste dans la situation, on regarde son partenaire. Dans neuf cas sur dix, le public ne s'aperçoit de rien. Dans un atelier, les partenaires connaissent la scène et savent relancer : c'est aussi ça, jouer en troupe.
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