« Je viens pour jouer du Molière, pas pour faire des matchs d'impro. » On l'entend régulièrement à la rentrée. Pourtant, même dans nos groupes qui travaillent le répertoire, on improvise presque à chaque séance. Voici pourquoi.
L'impro apprend à écouter
En improvisation, impossible de préparer sa réplique : il faut écouter ce que dit l'autre pour savoir quoi répondre. C'est exactement ce qui manque souvent dans le théâtre de texte, où l'on attend parfois sa réplique au lieu d'écouter celle du partenaire. Un comédien qui écoute vraiment donne l'impression de découvrir son texte au moment où il le dit.
L'impro libère du texte
Paradoxalement, improviser autour d'une scène aide à mieux la jouer. On demande par exemple aux élèves de jouer la situation avec leurs propres mots, avant de revenir au texte. Ils comprennent ce qui se passe entre les personnages, et le texte d'auteur devient une évidence plutôt qu'une récitation.
L'impro donne de la réactivité
Un accessoire qui tombe, un partenaire qui saute une réplique, un rire inattendu dans la salle : sur scène, l'imprévu arrive toujours. L'habitude de l'improvisation permet de rester dans le jeu au lieu de se figer.
L'impro travaille la présence
Improviser, c'est accepter d'être sur le plateau sans filet. Cela développe une qualité de présence, un « ici et maintenant », qu'on retrouve ensuite dans tous les rôles.
Comment on l'utilise en cours
- en échauffement, avec des jeux courts d'écoute et de rythme ;
- pour explorer une scène : on improvise ce qui s'est passé juste avant, ou la même situation dans un autre contexte ;
- dans nos groupes impro, pour ceux qui veulent en faire leur terrain de jeu principal.
Texte et impro ne s'opposent pas
Ce sont les deux faces du même métier : dire des mots écrits par un autre comme s'ils venaient de naître. L'improvisation n'éloigne pas du texte, elle y ramène avec plus de vérité.
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